Des idées et quelques lettres

Moi : Je devrais me remettre à la lecture…
Lui : Mais oui !!!
Moi : Ben Oui !!!
Lui : Sincèrement, je ne pense pas que l’on puisse écrire si on le lit pas… 

Ma dernière histoire remonte au vingt-six octobre. Je n’écris plus… en tout cas pas ici. Je ne remets pas en cause ce qui a été écrit sur Little Computer People. Toutes ces histoires j’ai pris du plaisir à les écrire et j’en prendrai encore, quand les choses iront un peu mieux. En attendant j’écris ailleurs, sur du vrai papier parfois, dans un carnet rouge aussi, mais le plus souvent dans ma tête. Il y a quelque chose qui me bloque, un courant qui passe difficilement entre mon cerveau et ma main droite. C’est peut-être un problème de concentration…

Je suis passé par plusieurs stades et de multiples humeurs. J’ai écris des paragraphes déprimants et torturés dont quelques lignes ont subsisté dans la note 118 qu’un inconnu a laissé dans un journal intime avant de s’ouvrir les veines. J’ai donné naissance à Matisse Hubert, géographe désabusé,  engagé dans un institut de cartographie et condamné à y travailler sept heures trente-six par jour. Quelles étranges similitudes existent entre ce Matisse et un certain historien non moins désespéré ayant un jour vécu l’expérience inutile d’un centre national d’archives ? Répondre “aucune” serait mentir, c’est presque trop évident. Il est tellement simple de parler de soi mais si difficile de travestir les choses de manière belle et digeste. Pour ces écrits de ces derniers mois, j’ai une nouvelle fois succombé à mes envies de terres brûlées. J’ai tout effacé tout simplement parce que je n’étais pas content de moi.

Il me faudra du temps pour un jour accepter de terminer quelque chose, d’encadrer une durée entre un début et une fin. Au détour de quelques “bonnes idées”, je tombe trop facilement dans ces pleines mornes et tristes, des réceptacles à vent, sans utilité et sans inspiration.

J’ai quelques projets dans ma tête, quelques idées qui se résument pour l’instant à quelques lettres. Je m’attache depuis quelques semaines à des légendes bretonnes et j’imagine, née d’une interprétation moderne voir futuriste, une ville appelée Par-Ys. J’ai toujours voulu mettre en scène les murs d’une cité. Dans mon imaginaires, j’imaginais autrefois cette ville suspendue dans les cieux. Je l’envisage aujourd’hui posée sur l’eau, à une époque où les mots littérature, histoire et science ne sont que d’antiques souvenirs disparus dans l’océan avec les livres qui les contenaient. J’ai dans ma tête l’ébauche d’une histoire, des personnages, des situations mais je peine à les mettre en couleurs et en sentiments.

Je pense que je veux aller trop vite. Il me reste encore quelques petites choses à mettre par écrit, notamment sur Little Computer People. Quelques mots que je me forcerai probablement à rédiger mais qui me feront un bien fou. Il me reste à faire avancer cette introspection, rassembler les deux mondes pour enfin, peut-être un jour, lâcher la main de Romain.

2 commentaires pour “Des idées et quelques lettres”

  1. mireille dit :

    bonjour !

  2. Alexandre dit :

    J’espère que ce texte ne sera pas le dernier, mais je ne pense pas, à en lire le contenu… Et puis, j’espère que s’il l’est ici, il ne le sera pas dans l’absolu, mais de cela, je suis sûr, tu aimes trop écrire, et tu écris trop bien pour que cela s’arrête un jour.
    Par contre, les doutes qui t’assaillent ici, j’ai l’impression de les reconnaître. Ecrire quoi ? pourquoi ? Comment structurer ses idées, ses désirs, ses projets d’écriture ? Comment ressentir ses avortements de textes, de correspondances, de notes, d’essais, de récits, de romans ? Comment accepter ses renoncements ? Comment les contourner et leur conférer utilité, vitalité ?
    Etre si heureux dans l’écriture (c’est mon cas et c’est le tien) et en même temps avoir tant de mal à s’adonner à cet état de bonheur, de presque complétude (c’est mon cas, pas le tiens puisque tu écris et que tu as structuré et concrétisé un projet d’écriture, ce blog), comment cela peut-il être ?
    Quoiqu’il en soit je te remercie de me donner la possibilité de trouver une raison d’écrire ici, celle de dialoguer (même s’il ne s’agit pas réellement d’un dialogue), mais au moins, le mot est plus juste, celle de réagir, de répondre, de donner écho à des textes et des réflexions qui m’inspirent, tout en sachant que les mots et les idées que je juxtapose ici seront lus.
    Rien que pour ça, j’espère que tu continueras à tenir encore un peu la main de Romain.

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