Little Computer People

- Moi : Bonjour !
- Lui : Where do you come from ?
- Moi : Uh… ???
- Lui : What are you looking for ?

Bonjour, moi c’est Fred !… Hello… Ciao !… I am from Belgium, why ?… Italy… Bruxelles… Liège… Antwerpen… Ixelles… Uccle… Is het Elsene in het nederlands ?… Vingt-huit ans… désolé tu es trop vieux… Come stai !… Tu fais quoi dans la vie ?… t’aime quoi ?… Quarante-deux ans, c’est trop vieux ?… Quoi comme boulot !?… What’s your job ?… Je mords pas, pas tout le monde… On devrait aller se boire un verre… C’est long à expliquer… Oui pourquoi pas, mais la semaine prochaine ça va être difficile… What do you like ?… Je fais plein de choses… J’ai tout mon temps… Sorry, not interrested… See you… Bye… Ciao… Je suis diplômé en histoire et toi ?… Ça consiste en quoi ?… Je fais de la musique… Je suis étudiant… je cherche du boulot… Maintenant je m’occupe de formation professionnelle… Dans quel domaine ?… Arts plastiques… Peintre… Musique… Cinéma… Oui j’écris de temps en temps… Je fais de la recherche dans le domaine… Finances… Banques… Je suis discret… Qui ?… On se serait pas croisé quelque part ?… Tu crois ?… Non… Oui… Je ne pense pas… Ho… Les frères de plume sont plutôt rares… Not so far… Peut-être… Tu fais quoi de beau ce soir ?… Elsene in het nederlands… Een beetje… Hey, you are funny… Not at all… Nothing, bye… J’aime pas trop MSN… IM ?… Skype ?… Et tu trouves… Tu es un rigolo toi !… Viens chez moi alors… Hein ?… Sorry for that bad joke, I ate a choco-clown tonight !… Attends je reviens dans cinq minutes… Kesk tu fé d’bo ?… Un peu trop oui, désolé… C’est étrange pourquoi il serait en chocolat le clown… Wait a sec, phone… No It’s the name of a candy bar… I like It… Je vais les voir en concert en décembre… Did you know Sigur Ròs ?… J’aime beaucoup… A romantic !… Non pas du tout… Je suis comme toi tu sais, j’aime pas trop les gens… Stats ?… Photos ?… Waar ?… C’est loin… Tu habites à la campagne ???… Ixelles… Mélancolie ?… No… Yes… Do you know what’s the name of the ultimate state of the depressive state ?… Compliqué à expliquer… No… It’s “mélancolie”… t’é dépresif ou koi ?… Actually, french romantics in the 19s century use the word in a softer way, but it was because they were all fans of Dr Freud… ^^… I get it… No prob… See you… Bises… @+… Bye… Ciao… Bye… Au revoir…

Comment t’appelles-tu ?… Je m’appelle Romain… Romain Frederickx…

3 commentaires pour “Little Computer People”

  1. Vincent dit :

    Ca sent le burn-out en rencontres potentiellement amoureuses. Le docteur te conseille quelques semaines de repos! Allez! Au lit! Et tout seul!

  2. Mister D dit :

    putain c’est triste à pleurer cette multiconversation bordel

  3. Alexandre dit :

    C’est vrai que c’est triste à pleurer… et très fidèle à cette réalité glauque du “chat”, cette (mé)connaissance virtuelle addictive et vaine dans son espoir de ne l’être pas complètement. Mais elle l’est, et ton texte le démontre avec brio, la course après la séduction, la rencontre, l’intérêt réciproque, la fusion, c’est toute l’histoire de l’humanité et plus précisément, de l’humanité actuelle on l’on communique par onomatopées, petites phrases toutes faites, sans âme, sans conséquences, sans risques et poutant remplie d’un émoi de pacotille fondant comme neige au soleil au premier retrait, premier silence, première déconnection, premier bye, ciao, au revoir, a+….
    C’est triste à pleurer, pathétique et révoltant de savoir que nous somme si nombreux à chercher et attendre la même chose (même si nous attendons tous quelquechose de fondamentalement différent) sans jamais en savourer le prix ni la douceur, ni l’enivrement. Sans jamais de rencontre, juste des ébauches et illusions de rencontres. Sans jamais d’échange, juste des clones d’échange qui se gaussent de vaincre la distance et l’intensifie pourtant à coups de clicks et de pianotages stériles sur les touches d’un clavier impuissant à rassembler, à faire se ressembler des êtres incarcérés dans une solitude abyssale, que torture une soif de communion tout aussi abyssale.
    Pathétique, bien vu, lucide. Désespérant.
    C’est triste à pleurer, c’en est presque triste à mourir.

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