“Mon ami…”
- Moi : Ca va bien ?
- Lui : J’ai beaucoup réfléchis hier soir. Je préfère qu’on en reste là…
- Moi : Heu…
- Lui : Oui je sais…
“Tu vois, il y a quelques mois je faisais la connaissance de ton réverbère. C’était une nuit où la ville était éteinte, une nuit noire, sans électricité. Lui, ce géant de fonte, il brillait plus que jamais, il m’illuminait. C’est étrange comme cet évènement à changé ma vie. Quelques temps après je te rencontrais. Depuis tu ne m’as jamais réellement parlé. Tu me dis parfois quelques mots, quelques politesses, un “oui” ou un “non”. Pourtant moi je te parle, souvent pour ne rien dire, juste parce que j’en ai besoin. J’ai besoin de parler, de m’exprimer. Je retiens trop et trop longtemps. Les idées viennent, les phrases se forment et puis je les oublie. Chaque mot ainsi perdu me laisse une brûlure, un manque énorme. Je ne te connais pas, pas plus que cette ville qui nous entoure et que ces gens qui passent. En me taisant, je m’ignore moi-même. Je nie le monde en bloc, je vis à côté des choses et je semble m’en contenter. Ai-je raison ?…
Mon ami je voudrais t’expliquer ma conception du monde, sans vouloir te convaincre, là n’est pas mon but. Vois-tu, les règles qui régissent la mer et le ciel, les devoirs que nous imposent la Terre, je ne les connais pas. Ce qu’il adviendra de moi je l’ignore. La manière qu’ont les petites choses de nous glisser entre les doigts, la fréquence à laquelle les gens changent parce qu’ils craingnent de rester les mêmes, la raison pour laquelle les choses ne vont jamais comme nous le voulons, tout cela m’est inconnu. La finitude ou l’infini de notre univers, la personne qui préside à notre destin, comment éviter les défaites et la précipitation vers notre inexorable fin, je n’y pense pas très souvent. L’amour, l’amitié, les sentiments, la peur, les couleurs, les maladies, les hommes, les femmes, les animaux… ce sont des choses que je ne comprends pas. Je le pourrais sans doute mais les explications ne me contentraient pas… mes torts et mes droits, mes jours et mes nuits, mes ténèbres et mes lumières, ils sont en moi, tout au fond de moi, et je les garde… en réalité, je ne veux pas savoir… nous vivons mon ami, et j’aime cette vie plus que tout.”
En prononçant ces mots, Romain regardait les étoiles. Gabriel était assis à ses côtés et faisait de même. Tous les deux souriaient…
10 mai 2008 à 20:40
L’oiseau comprend-il le ciel?
11 mai 2008 à 2:01
L’oiseau ne connaît pas la composition chimique de l’air qui l’entoure, il ignore pourquoi le ciel est bleu, il se fout complètement de ce qui existe au delà des nuages, là où le bleu devient noir. Il est pourtant inconsciemment conscient d’une chose, c’est qu’en battant des ailes il peut s’envoler…
11 mai 2008 à 9:19
Sans doute devrions-nous faire comme l’oiseau… simplement nous envoler dans le ciel bleu ou noir sans vouloir essayer de (le) comprendre…
Et c’est là peut-être, en le vivant, que nous serons plus proche de lui que jamais.
11 mai 2008 à 12:57
… et c’est très certainement en continuant à croire qu’on trouve des trésors aux pieds des arc-en-ciel qu’on trouve la force de déployer ses ailes.
T’étonnerais-tu, au 21e siècle, de rencontrer un jour un allumeur de réverbère ?
11 mai 2008 à 15:22
Je n’en ai même jamais vu au 20ème siècle…
mais ce doit être une rencontre singulière et très certainement.. utile.
11 mai 2008 à 17:42
Comme tu dis… une rencontre utile… et “étonnante”